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En RDC, un journaliste retrouvé mort 12 jours après sa disparition

Les autorités de la République Démocratique du Congo (RDC) doivent faire toute la lumière sur l'assassinat d'un animateur de radio dont le corps sans vie a été retrouvé vendredi dernier, soit 12 jours après sa disparition, a déclaré aujourd'hui le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Selon des médias, Guillain Chanjabo, 58 ans, journaliste à Radio Canal Révélation, "La radio des jeunes", a été aperçu pour la dernière fois le 5 mai courant, alors qu'il se rendait à la station de radio dans la ville de Bunia située au nord-est du pays. Son corps sans vie, partiellement vêtu et portant des lacérations à la tête, au dos, au ventre et aux jambes, a été retrouvé dans la rivière Ngezi, à quelques kilomètres de Bunia, selon des médias et son employeur. Selon la presse, Jacques Sezabo, médecin directeur de l'hôpital général de Bunia, a déclaré à des journalistes locaux que Chanjabo avait également été étranglé.

Richard Pituwa, le directeur de la radio, a déclaré au CPJ que Chanjabo, qui travaillait comme journaliste bénévole à la station depuis 2004, avait rarement participé à des reportages sur des sujets sensibles, et qu'il assurait surtout la traduction et présentation d'émissions en langue swahili. Ces émissions portaient sur des questions d'ordre général telles que la politique, la corruption, l'impunité, la criminalité et les violations des droits de l'homme.

La moto de Chanjabo a été retrouvée chez un réparateur le 7 mai, ce qui a incité la police à détenir quelques individus pour interrogatoire, selon des journalistes et médias locaux. Mais pour l'heure, personne n'a été inculpé.

Des journalistes locaux ont déclaré au CPJ que les circonstances de l'assassinat ne sont pas très claires. Pituwa a affirmé que Chanjabo avait déjà reçu des menaces de mort et avait été poignardé avec un couteau cinq mois plus tôt dans un quartier dangereux de la ville alors qu'il rentrait chez lui, mais que le journaliste n'avait pas voulu qu'une enquête soit menée sur l'affaire.

Gracien Iracan, rédacteur en chef de Radio Canal Révélation, a déclaré au CPJ que le procureur de la République a ouvert une enquête sur l'assassinat.

"Nous exprimons nos plus sincères condoléances à la famille, aux amis et collègues de Chanjabo Guillain", a déclaré Peter Nkanga, consultant du CPJ pour l'Afrique de l'Ouest. "Les autorités congolaises doivent enquêter minutieusement sur ce terrible meurtre pour déceler le motifs du crime, et traduire les coupables en justice".

Les médias ont rapporté que pendant la disparition de Chanjabo, les journalistes congolais étaient descendus dans la rue de Bunia pour une marche pacifique de protestation contre l'enlèvement du journaliste, tandis que les stations radio avaient suspendu leurs émissions pour exprimer leur préoccupation quant à la disparition du journaliste et exiger que le gouvernement ouvre une enquête.

Chanjabo laisse derrière lui une femme et six enfants.
>Pour plus de données et d'analyses sur la RDC, veuillez consulter le rapport du CPJ intitulé Attaques contre la Presse.

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